Parfums, leur histoire – XVII & XVIIIème siècles

Parfums XVII et XVIII

Parfums XVII et XVIII

Au XVII° siècle, les Parfumeurs-gantiers qui peuplent en nombre Grasse, réunis en corporation depuis Philippe-Auguste, obtiennent des statuts solides, ceux de Maître-Parfumeur en 1600.
Pour ce métier, quatre ans d’apprentissage sont nécessaires, plus trois ans de compagnonnage.

Les gants parfumés sont très populaires en 1656, un guide du gant et des fabricants de parfums est même édité.

Colbert considère la parfumerie comme une grande industrie et encourage son développement dans toute la France.

On le trouve avec l’implantation d’orangers à Grasse et la culture de la rose, de l’oeillet, la tubéreuse, la violette et le jasmin.
Grasse devient le plus grand centre de production pour les matières premières et les parfumeurs deviennent riches et puissants car leurs produits sont vendus dans toutes les cours d’Europe.

Un grand nombre de parfumeurs se situe aussi à Montpellier dans la « rue des parfumeurs ».
Ils utilisent l’ambre, le musc et la civette qu’ils marient aux herbes et arbustes de Provence.

La France a des comptoirs dans les Indes, l’accès aux produits exotiques est donc direct pour les parfumeurs.
Les artisans de Grasse et de Paris, grâce au nouveau statut, importent directement du musc, du patchouli, du vétiver et du santal.

Louis XIV, surnommé le « doux fleurant » aime voir son parfumeur lui préparer les senteurs.
Il devient allergique aux odeurs et ne supportait plus que celle de la fleur d’oranger.

L’étiquette à la cour étant très rigoureuse, le parfum se décline et est porté sur des accessoires tels que les mouchoirs, les éventails, les perruques, etc.

Le Prince de Condé, quant à lui, fait parfumer son tabac.
Fleur d’oranger, rose, jasmin, musc, civette, ambre sont utilisés pour cette plante originaire d’Amérique.

Les courtisans, afin de suivre la Maréchale d’Aumont qui a mis au point la poudre dite « A la Maréchale » à base d’iris, coriandre, girofle, Calamus et souchet, confectionnent de nombreux produits parfumés.
Chaque dame garde secrète la composition de son parfum et y ajoute quelques touches personnelles afin qu’il soit unique.
Tout est caché.
Certaines confectionnent leur propre fragrance, pommades, élixirs car elles possédent de petits alambics.

Les gentilshommes portent des gants parfumés dits « à la frangipane ». Ils n’ont pas l’odeur de la frangipane. Le nom vient du gantier-parfumeur romain Muzio Frangipane.

La cour du roi permet donc l’essor de la parfumerie.

Le parfum a toujours le même pouvoir : protéger de l’environnement nauséabond. De nombreuses cassolettes brûlent dans les couloirs du château.

Les parfumeurs sont chargés de désinfecter les villes, en temps de peste.

Les liquides alcoolisés parfument les vêtements, les pommades sont pour le corps.

Le parfum hérite de ses lettres de noblesse lorsque Louis XV arrive sur le trône au XVIII° siècle avec une cour nommée la « cour parfumée » car Madame de Pompadour se parfume.
Des fontaines du château jaillissent parfois des flots de senteurs aromatiques.

Madame de Pompadour a commandé de nombreux parfums et le roi exige que ses appartements soient parfumés chaque jour d’une fragrance différente.
Sa cour utilise aussi quotidiennement le parfum qui remplace l’eau et le savon.
Tout est parfumé, du corps au meuble.
Madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV la laisse entièrement libre, mais il exige toutefois que sa mise soit toujours parfaite. Elle est toujours habillée, peignée, maquillée, poudrée et parfumée avec la plus grande élégance.
Elle a découvert une eau allemande, « Kölnische Wasser ». Elle impose cette eau à tous les familiers de la cour. Ne pouvant prononcer son nom, elle la nomme eau de Cologne.

Nouvel essor car les appareils se perfectionnent, les goûts évoluent.
Les créations deviennent plus subtiles, les « quintessences » et les « esprits ».
Les lourdes senteurs animales sont abandonnées.

La mentalité a changé, les philosophies sensualistes, les fêtes galantes et les tables raffinées triomphent.

Au cours de ce siècle des Lumières, les grandes dynasties de parfumeurs voient le jour : Fargeon, Houbigant, Lubin.
Fargeon fera faillite car Louis XV ne l’a jamais réglé mais son fils deviendra le parfumeur de Marie-Antoinette.
Houbigant fabrique des huiles à la rose, à l’amande, au géranium, une crème de rose aux limaçons dont la réputation n’est plus à faire.

Au départ, l’Eau de Cologne est fabriquée dans la pharmacie du couvent de Santa Maria Novella car elle répond à l’idéal religieux d’assistance aux malades des Dominicains.
L’eau de Cologne devient célèbre grâce à Jean-Paul Feminis, qui rapporte à Cologne la formule créée au siècle précédent pour Catherine de Médicis.
Avant de mourir, il confie à son neveu Jean-Marie Farina la recette.
Elle est revigorante et discrètement parfumée et son succès est immédiat, vers 1760.
Elle est à base de spiritueux de raisin, d’huile de néroli, de bergamote, de lavande, de mélisse, de cédrat, de citron et de romarin.
Elle convient tout à fait à l’époque lasse des lourdes notes animales.
On l’utilise diluée dans l’eau du bain, mélangée avec du vin, mangée sur un morceau de sucre.
On lui attribue des propriétés telles qu’embellir le teint, nettoyer la peau et parfumer de façon discrète.
Elle aurait aussi des propriétés médicinales. Elle est devenue Roger et Gallet en 1862.

Yardley crée à Londres l’ « English Fine Cologne » qui allie la lavande à l’orange, au citron, à la bergamote, au romarin, à la rose et au benjoin.
Mülhens, l’Allemand, crée la  » 4711  » faite à partir de citron, de néroli, de romarin et de lavande.
Piver, à Paris, permet « A la Reine des Fleurs » d’accéder à la notoriété, mais aussi celle « Des Princes » née sous la Restauration.

Le verre est devenu de plus en plus populaire et utilisé comme récipient de parfum avec l’ouverture de l’usine Baccarat en 1765.

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