Parfums, leur histoire – XIXème siècle

Parfums XIX

Parfums XIX

Au XIX° siècle, nous assistons à un changement dans l’industrie, dans les arts, mais aussi dans les parfums.

La chimie moderne et le goût pour le changement se développent.

De nombreux parfums naissent.

Un descendant de Farina, établi à Paris, a pour client Napoléon 1er.

Une ordonnance impériale de 1810 impose la divulgation des formules de médicaments afin que les recettes des parfumeurs soient protégées.

Deux litres de Cologne de violette sont fournis chaque semaine à Napoléon.
Il est même dit qu’il utilisait 60 bouteilles de double-extrait de jasmin tous les mois.
Se baignant tous les soirs, l’usage est repris et le bain quotidien devient une pratique bien française.
Afin de marquer son attachement à l’empereur, on se parfume comme lui, sinon on reprend les essences florales qui avaient cours avant la Révolution.

Joséphine, elle aussi, est très attirée par les parfums, et utilise le musc à très forte dose.

Grâce à son eau de Cologne Impériale, à base de bergamote, citron, néroli, romarin et fleur d’oranger, Pierre-François-Pascal Guerlain est nommé fournisseur officiel de l’impératrice Eugénie le 11 mai 1853.
Mais il a aussi créé Eau de Cologne Supérieure, Eau de Cologne Royale.
La maison Guerlain enchaînera les succès au cours des siècles, avec notamment, en 1894, l' »Eau du Coq ».

Le peuple, aussi, ose les marchandises de luxe, y compris le parfum, dont une grande variété enfermée dans des boîtes contenant du parfum.

Des usages sont en cours.
Les femmes, dites « respectables », ne se parfument pas la peau, mais parfument leurs éventails, mouchoirs et châles.
Les hommes portent les eaux de Cologne, mais aussi les très jeunes filles et les femmes mûres.
Les fragrances à la violette et aux fleurs blanches sont destinées aux femmes mariées.
Celles à la rose et aux fleurs exotiques sont utilisées par les « autres » femmes.

Paris, au début du siècle, compte vingt parfumeries.
Sept ans plus tard, la corporation compte 139 membres (fabricants, distillateurs, marchands).
Les maisons de parfums sont situées hors de l’enceinte de la ville afin que les fragrances destinées aux autres villes françaises ne soient pas soumises aux taxes.

Outre les grands noms déjà cités, Eugène Rimmel se lance dans la fabrication de senteurs. Il part à Londres où il fonde sa propre maison. Il devient dans la deuxième partie du siècle le fournisseur officiel de l’aristocratie anglaise.
A sa mort, ses descendants, très riches, abandonnent la parfumerie pour se consacrer aux cosmétiques.

La première maison à exporter ses parfums outre-Atlantique, durant plusieurs décennies, est celle de Lubin.
En effet, les Américaines se parfument peu et celles, qui ont les moyens, viennent directement à Paris faire leurs achats.

Dans la seconde partie du siècle, la chimie organique est en plein essor.
On associe des odeurs artificielles aux matières premières. Elles les remplacent car les matières naturelles sont trop chères.
De nouvelles fragrances inédites sont créées.

En 1868, Perkin, chimiste, obtient le principe odorant de la fève tonka. La coumarine est née.
Elle a l’odeur du foin coupé.
Elle est utilisée par Paul Parquet, « Nez » d’Houbigant, qui crée « Fougère royale ».
Reimer produit la vanilline et Baur, en 1887, crée le musc artificiel.
En 1889, Tiermann, reproduit la senteur de la violette, alors très à la mode. Elle sera utilisée par François Coty pour « L’Origan » en 1905.

Ces produits de synthèse ne sont pas facilement acceptés par la parfumerie de luxe. On les trouve vulgaires.
Mais Aimé Guerlain les impose pour « Jicky » en 1889.
Finalement, ces nouveautés sont accueillies comme l’expression artistique des parfumeurs et ces précurseurs ouvrent une voie royale à une parfumerie qui prétendra « être l’art abstrait par excellence » au siècle suivant.

Quant aux aldéhydes, découvertes à la fin du siècle, elles seront utilisées une vingtaine d’années plus tard pour le « N° 5 ».

L’activité traditionnelle connue auparavant devient un phénomène industriel et la parfumerie européenne se développe.

A la fin de ce siècle, la France compte 300 fabricants, 2 000 détaillants et 20 000 ouvriers travaillent pour eux.

Guerlain reste à Paris, considérée comme la ville où se concoctent les essences rares et coûteuses.
Lubin et Priver gagnent Grasse, lieu d’élaboration de savons, eaux fraîches de qualité mais beaucoup moins chères.

Les cultures florales, devenues insuffisantes, augmentent.

A Grasse, 5 millions de kilos de fleurs par an sont traitées. Des terres furent achetées à l’étranger.

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