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Quinqua

Le 20 août, j’ai eu 50 ans.

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Cinquante ans ont passé. A une allure folle. Dois-je tirer un bilan de ces cinquante premières années ? Je vais tenter de le faire. Par contre, je ne sais pas ce que me réservent les prochaines années qui suivent.

Bilan

Oui, je suis rancunière. Les années passent et je n’oublie pas ce que certaines personnes ont pu me faire lorsque j’étais une gamine. Certains sont décédés, d’autres vivent encore mais je ne les vois plus, et ce depuis de nombreuses années. Les enfants n’oublient pas, quoi que l’on dise.

Mes parents m’ont transmis le respect, la franchise et bien d’autres choses encore. Alors, même si nous sommes éloignés géographiquement, ma mère est ma meilleure confidente. Elle l’a toujours été et le sera toujours.

Je n’ai pas pu faire le métier dont je rêvais. Au départ, je me rêvais hôtesse de l’air. Mais, à l’époque, vu que les opérations contre la myopie ne se faisaient pas, je n’ai pas postulé. Ensuite, cela a été traducteur international. Mais, je n’ai pas été admise en BTS. J’ai ensuite voulu entrer dans l’armée mais j’avais horreur de l’uniforme. Je n’ai pas écouté mes parents pour passer les concours de l’administration et je le regrette. Est-ce que ma vie professionnelle est fichue ? Non, car j’ai commencé au bas de l’échelle. Mais j’ai toujours été une battante. J’ai toujours su m’adapter professionnellement. J’ai eu pas mal de périodes de chômage mais c’était pour mieux rebondir sur un nouvel emploi. A 50 ans, j’apprends toujours et je suis toujours avide d’apprendre. Mon milieu professionnel me fait confiance, je ne les déçois pas et c’est ce qui importe.

En étant hôtesse de l’air ou traducteur international, j’aurais beaucoup voyagé. Visiter des pays étrangers est un manque, connaître d’autres cultures. Même si je n’aime pas prendre le train et encore moins l’avion. Mais les livres, moi grande lectrice, me permettent de voyager un tant soit peu.

J’ai fait des erreurs, beaucoup d’erreurs, j’ai un caractère de cochon. Mais j’ai appris beaucoup de mes erreurs. Ce n’est pas pour me jeter des fleurs, mais j’ai toujours été honnête avec moi-même, avec les autres. Et il n’y a que la vérité qui blesse. J’aurais pu apprendre à être moins brute, je l’ai été à un moment donné. Mais à force de donner, d’être trop gentille, beaucoup en ont profité et trop. Et quand cela ne leur convient plus, ils te jettent comme une vieille chaussette. Alors oui, je sais souvent à qui j’ai affaire quand je rencontre quelqu’un. Donc, certaines fois, je ne suis pas du tout surprise. Mais de toutes façons, je n’accorde jamais mon entière confiance à qui que ce soit. Il y a plus de deux ans, j’ai connu un licenciement économique. J’ai été suivie et j’ai demandé quatre formations qui ont été acceptées. J’en ai suivi deux dont une d’anglais. Même sans pratiquer pendant de très longues années, sauf en lecture, j’avais un super niveau. A la fin de la formation, j’ai passé le TOEIC et là, près du top niveau. Comme quoi. En six mois, j’avais trouvé du travail.

En 50 ans, n’importe quoi peut me faire pleurer. Et quand j’écris n’importe quoi, c’est n’importe quoi. Mais, je suis une battante. Je ne me laisse pas abattre. Et même si je dis beaucoup de gros mots, si je souffle beaucoup, si mes mots ne sont pas toujours sympas, si je me mets beaucoup en colère, je suis et je resterai une nana toujours très sensible.

Comme beaucoup, j’ai eu des coups durs, des coups très durs, que j’ai dû affronter, en étant aidée ou pas. Bien sûr, il n’y a pas mort d’hommes, ni de femmes. Mais ces coups durs font grandir, s’interroger sur l’essence de la vie. Pourquoi elle ? Pourquoi nous ? Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai pu faire pour que cela arrive et que cela continue, tant et plus ? Est-ce que l’on s’en sortira un jour ou l’autre pour pouvoir apprécier cette putain de vie ? C’est un combat de chaque instant. A côté, ma force, ce n’est rien du tout, je dois bien le dire. J’aurais abandonné il y a fort longtemps.

J’ai fait pas mal de concerts, pas autant que je l’aurais voulu mais je ne me plains pas quand même. J’ai vu toutes mes idoles de ma jeunesse qui ont vieilli, elles aussi, comme moi. Mais le principal est de l’avoir fait. Un seul regret, ne pas avoir vu Daniel Balavoine, à Bordeaux. Un concert était prévu l’année de sa mort.

J’ai vécu à Bordeaux, Toulouse, Perpignan, Paris et Marseille. Je déteste Toulouse et Marseille, vraiment trop sales et dont je n’aime pas la mentalité. Même si la mentalité bordelaise n’est pas au top non plus. Je rêve du Pays Basque, du Pays Catalan ou bien encore Paris. Cela ne me déplairait pas d’y retourner vivre.

J’ai toujours aimé les animaux. Lorsque j’étais chez mes parents, j’ai eu deux chiens et un chat. J’ai été très malheureuse lorsque le premier caniche est décédé d’une hémorragie cérébrale. On a pris un autre caniche très vite. Qu’est-ce que ces animaux nous ont apporté comme bonheur. Là, cela fait un an que nous avons adopté un chat. L’homme a été difficile à convaincre, par rapport à la peur d’avoir des allergies. Mais en définitive, tout se passe bien. On aurait dû faire ça plus tôt pour Mademoiselle même si elle a eu des poissons. Mais ce n’est pas pareil.

Oui, j’ai été agressée près de chez moi. On m’a volé un collier en or et un portable. J’ai porté plainte. J’avais la rage contre ce mec. Je l’ai toujours d’ailleurs quand j’y pense. Pendant des mois, cela a été très difficile pour moi de sortir. Je regardais toujours autour de moi. Je m’arrêtais aussi lorsque ça n’allais pas ou quand quelqu’un ne me plaisait pas. Cette histoire est arrivée à un moment très difficile de ma vie où j’ai dû affronter des choses vraiment difficiles. Cela a entraîné une thérapie avec une psychologue et nous avons également fait le point, au moyen de l’EMDR, sur cette agression.

Ce bilan, c’est déjà pas mal. Il reste pas de choses personnelles que je tairai ici.

Et après ?

Et bien, je prendrai la vie comme elle vient. J’affronterai ce qui doit être affronté. Je pleurerai, j’aurai des crises de rire, des sourires.

Cela a toujours été le cas. Depuis que j’ai 20 ans, je n’aime pas le temps qui passe, je n’aime pas vieillir. Je n’ai pas envie de mourir. Cela me fait peur surtout si je suis en mauvaise santé et que je dois souffrir. Et puis, ceux que j’aime, qu’est-ce qu’ils feront sans moi. Je ne veux pas qu’ils soient tristes. Je rêve d’être immortelle. En plus, je ne veux pas être une charge pour ma fille. Je lui ai toujours dit, que si je ne devais pas me suffire à moi-même, il faut qu’elle me place dans une maison de retraite ou ailleurs. Et si je suis trop malade, qu’elle fasse ce qu’il faut pour que je meure. De ce côté-là, j’espère que cela va vite changer.

2 Comments

  1. Waouh j’adore ce post que j’aurai pu écrire pour une grande partie. Nous avons beaucoup de similitudes au niveau du caractère et aussi du vécu. Bon ça va faire 5 ans que je fais partie du club des quinquas des fois ça me fait flipper !

    1. Et encore je n’ai pas tout écrit. Parallèle, c’est pour ça que l’on s’entend bien. Moi aussi je flippe d’être passé de ce côté là

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