Se confier à un pro, ça fait du bien

Qu’il soit psychologue ou psychiatre. Il me semble que seuls les diplômes changent mais ce que je peux dire, c’est ce qui fait l’humain qui compte.

Dans notre quête pour soigner Mademoiselle, nous avons rencontré deux personnes avant de trouver les bons, soit un pédopsychiatre et un psychomotricien.

Les deux premiers, un homme et une femme (l’homme, nous ne l’avons vu qu’une fois, la femme un peu moins d’une dizaine) n’ont pas tenu compte que nous étions impliqués et ce qui n’a pas plu à Mademoiselle surtout c’est qu’elle devait parler, sans que les conversations soient orientées ni qu’il y ait un véritable échange. L’écoute c’est bien mais cela peut être le mal, surtout lorsque la personne recherche des conseils et des encouragements. Depuis qu’elle est suivi par un pédopsychiatre et un psychomotricien, tout se passe bien. Elle fait le point avec l’un chaque semaine. Si elle a besoin de parler, il l’écoute, la conseille, l’encourage et surtout la booste. Tant pis alors pour la séance de relaxation. Il s’adapte à ses besoins. Le pédopsychiatre, c’est une fois par mois ou toutes les six semaines. Plus, si le besoin s’en fait ressentir. Et là, également, ce sont des échanges. Et surtout l’un et l’autre nous font bien savoir que si ça ne convient, il faut leur dire, ils se mettent à notre niveau.

C’est comme ça que je vois des séances de psy.

Avec ce qui m’est arrivé, j’ai eu la chance d’être prise en charge immédiatement par le psychologue de la police. Pratiquement dès mon arrivée, il m’a fait entrer dans son bureau. Et l’effet a été immédiat. Je me suis calmée de suite. J’ai donc pu donner très rapidement le signalement de mon agresseur. Après trois rencontres, une deuxième lorsque j’ai fait l’additif de plainte et que j’étais pas mal secouée, il a su par de simples mots me rebooster. Même si cela n’a duré que quelques minutes cela fait du bien. La troisième rencontre a été plus longue, elle a duré une heure. L’homme était avec moi et nous avons donc fait le point sur ce qui est arrivé. Il m’a posé des questions, m’a apporté des éléments de réponse. Je me suis sentie entendue, écoutée et surtout soutenue. Il m’a expliqué diverses choses, voulait savoir comment je me comportais avec ma famille… Car bien souvent, la victime s’en prend à son conjoint. Sauf que ce n’est pas le cas. Depuis plus de neuf mois, j’ai fait un vrai travail sur moi. Je suis désormais plus patiente (enfin cela dépend des moments) avec ma famille mais avec le reste, je rue dans les brancards et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Et si j’ai toujours cette colère, cette haine (il en a d’ailleurs été surpris) en moi, elle est compréhensible. Oh, c’est vrai que cela fait maintenant un petit moment que c’est arrivé. Mais j’y pense toujours (il voulait connaître le nombre de fois et je pense quand même que j’ai sous estimé la vérité) et cette sensation de peur est toujours présente. Peut-être moins c’est vrai mais je suis toujours sur le qui-vive et je ne suis pas prête à repasser à l’endroit où je me suis fait agresser et surtout seule. Mais il va falloir que je le fasse comme il l’a dit. Cela va prendre un moment. Mais je suis têtue et cela va plutôt être de ne pas avoir envie de le faire que d’avoir peur. Je suis incorrigible, je le sais. Mais je préfère pour le moment faire un détour et ce moment risque de durer. Enfin, on verra bien Pour le reste, il faut aller de l’avant. Je suis bien d’accord. Ce n’est pas le fait de l’écrire qui me fait régresser, loin de là. Cela me permet de mettre des mots sur un ressenti, une expérience, indispensables pour me faire avancer.

Parler à un pro fait du bien. Je dois de nouveau le contacter pour faire le point sur l’enquête sans qu’il m’en révèle trop. Mais ce que je sais, c’est qu’à moins d’un gros coup de chance, ce salaud ne sera pas arrêté ni puni.

Et quand je vous dis que j’ai la haine. Je l’ai. Et ça ne risque pas de changer.

Quant au poste de psychologue de la police, il existe depuis 1997, mais le manque de budget fait qu’ils sont peu nombreux et qu’ils sont obligés de s’occuper de plusieurs commissariats et de plusieurs services. Pourtant je pense que ce poste est indispensable pour accueillir toutes les victimes qui peuvent déposer plainte. Car l’écoute et le soutien sont primordiaux pour poser les choses à plat et tenter de "relativiser" une expérience qui peut se révéler dramatique à plus ou moins long terme car la dépression post-agression existe et peut survenir à n’importe quel moment.

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Comments
3 Responses to “Se confier à un pro, ça fait du bien”
  1. Malicia dit :

    Je suis bien d’accord, lorsque le pro est bon, ça ne peut qu’aider !

  2. lalydo dit :

    Il existe de vrais professionnels qui apportent une aide précieuse et quand on tombe sur eux, c’est génial. Malheureusement, il existe aussi tout un tas de charlatans qui font pire que mieux.
    Je suis contente que tu sois tombée sur un bon!

    • Angélita dit :

      @ Lalydo, c’est bien le cas, peut-être plus que de charlatans que de bons. Et pour faire le tri, c’est dur. Et puis, il y a aussi le feeling
      @ Malicia, et dans mon cas, c’est parler mais aussi être interrogée et avoir des réponses que l’on se pose

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