La nuit des corbeaux de John Connolly

Une île reliée au continent. Peu d’habitants. Une jeune fille de 14 ans a disparu. Les premières heures cruciales pour la retrouver sont passées, surtout que l’alerte enlèvement a été faite tardivement.
Charlie Parker s’est éloigné de sa petite fille afin de ne pas la faire souffrir.
Il rencontre un homme qui a été inculpé, adolescent, du viol et de l’assassinat d’une jeune fille noire. Randall Haight a un faux nom. C’était inclus lors de sa remise en liberté afin qu’il puisse refaire sa vie. Mais, Charlie, bien qu’il ne juge pas ce qu’il a fait, a des doutes concernant l’honnêteté de Randall. Ce dernier a reçu des portes d’étables, rappelant le premier crime. Il se sent persécuté, surtout que l’enlèvement a eu lieu dans la ville où il habite. Même s’il n’a rien à se reprocher, il ne veut pas aller à la police. Charlie Parker devra donc le convaincre.

Pour un premier essai, c’est vraiment un essai réussi. J’ai complètement adhéré à l’intrigue, à l’histoire maîtrisée par John Connolly. Il maîtrise l’art de la description de la nature qui offre une atmosphère oppressante dès le départ avec ses oiseaux de mauvais augure, les corbeaux que l’on retrouve dans des endroits différents. On sent déjà la menace qui plane. Connolly nous met déjà dans l’ambiance. Le lecteur est très vite dans l’action, il se sent déjà oppressé. Également une maîtrise de la description de cet endroit perdu où les gens vivent comme reclus, coupés du monde où ils connaissent la vie de tout le monde sans réellement la connaître. On pourrait penser que l’on est en sécurité sauf que ce n’est pas le cas. C’est le lieu des âmes perdues, c’est le lieu où l’on va lorsque l’on a quelque chose à cacher. Quant aux personnages, nous avons de tout. Le flic qui aime les filles jeunes, les membres du FBI, le privé qui a un lourd passé suite à la mort de ses proches, qui enquête au mépris de sa propre sécurité mais qui a une sacrée intuition et qui connaît la nature humaine mais aussi de nombreux méchants avec la mafia.
Entre vengeance, folie, meurtres, le roman est mené tambour battant. Le lecteur a beau s’interroger, il a tout faux, enfin moi. Car franchement je ne m’attendais pas à tout ça. Pourquoi la mafia ? On le saura assez tardivement tout de même. Et on connaîtra tardivement le rôle joué par un des hommes de main. Tout comme on saura tardivement ce que Randall Haight a à cacher réellement. Lors des moments qui lui sont consacrés à son domicile, j’avais pensé à un enlèvement mais cela va plus loin que ça.

Parmi les personnages de Connolly, nous avons les gentlemen de New York. Je ne vous en dis pas plus car cela serait ôter toute saveur au roman. Mais ce sont, pour ainsi dire, des amis de Charlie.

En ce qui concerne le dénouement, qui aurait pu prévoir ça ? Pas moi, je me suis laissée transporter et guider par ce thriller.

Par contre, Connolly  nous démontre bien que les Etats-Unis n’ont pas signé la convention des Droits de l’Enfant. Pour un pays qui se dit aussi libéral, qui veut protéger ses citoyens, cela est abject. Surtout un pays qui se dit si protecteur des Droits de l’Homme. Je comprends pourquoi les enfants sont jugés comme des adultes dans certains états. On a l’impression qu’il n’y a aucune rédemption, qu’après avoir purgé sa peine, un détenu ne pourra plus rien faire. Heureusement qu’il existe des juges, des avocats, mais est-ce réellement la réalité, qui  essaient de donner une chance future à ceux qui ont commis une faute, un crime.

John Connolly nous démontre également avec brio qu’il est très difficile de faire abstraction de son ancienne vie, d’accepter un nouveau nom. Le sujet a deux identités et il ne sait plus qui il est. Il doit oublier tout ce qu’il a vécu auparavant, ne pas laisser d’indices pour ne pas être reconnu. Il peut plonger dans la folie. Dans une personne, il y a deux personnes. Donc il est difficile de changer de vie, de se faire à une nouvelle vie. 

Vers le milieu du roman, nous savons les liens familiaux d’Anne Kore, la jeune fille qui a été enlevée.

Nous avons également des analogies bien construites avec la chasse lorsque les tueurs se rejoignent pour traquer un gibier. Mais quel gibier ? Vous le saurez en découvrant ce thriller.

John Connolly nous décrit la folie de Randall, mais celle aussi de Charlie. Une folie différente certes mais qui possède tout de même quelques rapprochements.

La page FB de l’auteur. Et si vous voulez en savoir plus, c’est par ici

Merci à Athomédia qui m’a fait découvrir un formidable auteur et aux Presses de la Cité.

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Comments
6 Responses to “La nuit des corbeaux de John Connolly”
  1. lilli de... dit :

    Comme toi, j’ai beaucoup aimé. C’etait le premier roman de cet auteur que je lisais mais je pense qu’il y en aura d’autres!

    • Angélita dit :

      @ Lilli de, pareil que toi franchement
      @ Martine, je vais m’y mettre également
      @ Steczycki, merci pour ton avis. Je pense que je vais te suivre

  2. steczycki dit :

    je lis Connolly depuis son 1er roman, allez-y : lisez les tous, ils sont tous sublimes !
    AnneBérengère

  3. Martine dit :

    J’adore John Connolly, j’ai lu tous ses romans, sauf celui-ci, je vais vite aller l’acheter !

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